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Cavagnolo

Cavagnolo est l’une des plus importantes marques françaises d’accordéons. Fondée par un immigrant italien, Domenico Cavagnolo, l’entreprise a été installée à Villeurbanne pendant plus d’un demi-siècle. 

Le fondateur d’une entreprise familiale :

Domenico Cavagnolo Domenico Cavagnolo est né à Vercelli, dans le nord du Piémont, en 1884[1]. Après avoir appris le métier dans des entreprises de sa région d’origine, il crée sa propre marque en 1904 et commence à produire des accordéons à petite échelle car chaque instrument, fabriqué artisanalement, est une pièce unique. Mais les difficultés économiques de l’Italie après la première guerre mondiale et l’arrivée au pouvoir de Mussolini en 1922 le poussent à émigrer à Villeurbanne, en 1923, avec son épouse, ses deux fils, Pietro (né en 1909) et Ermanno (né en 1911) et ses beaux-parents. Il installe son entreprise dans un petit atelier, au 49ter cours Emile-Zola[2], puis au 48 rue Jean-Claude-Vivant[3]. Il s’agit d’une véritable entreprise familiale puisque, dans un premier temps, Domenico emploie essentiellement des cousins qui ont, eux aussi, quitté l’Italie pour rejoindre Villeurbanne.

Dans les années 1930, il commence à acquérir une réputation de bon facteur d’accordéons et des accordéonistes reconnus au niveau national lui font confiance, notamment V. Marceau, (Marceau Verschueren de son vrai nom), le musicien qui fait une prestation musicale remarquée dans le film La Belle équipe de Julien Duvivier, pour lequel Cavagnolo réalise un instrument sur mesure en noyer massif. Mais Domenico n’est pas seulement un fabricant, c’est aussi un passionné de musique et il crée, en 1928, la Société des accordéonistes lyonnais pour laquelle V. Marceau compose La marche des accordéonistes lyonnais, devenue une sorte d’hymne national des accordéonistes français. L'association, dont le premier chef de musique est Mario Brusorio puis en 1948 son fils, Henri, s’est longtemps réunie dans un café proche de l’atelier Cavagnolo, au 50 rue Jean-Claude-Vivant[4].

L’expansion de l’entreprise avec Ermanno et Pietro :

En 1937, Domenico décède et ses deux fils, aidés de leur mère, Angela, reprennent l’entreprise. Mariés à deux sœurs d’origine italienne, ils restent très soudés et réussissent à surmonter les difficultés de la guerre. A la Libération, ils développent l’entreprise grâce à leurs qualités complémentaires : Ermanno s’installe à Paris, 28 faubourg Saint-Martin, et prend en charge la partie commerciale, pendant que Pietro, resté à Villeurbanne, s’occupe de la création et de la fabrication des instruments.

Eux aussi sont musiciens. Ils reprennent sous leurs ailes la Société des accordéonistes lyonnais, composent des airs d’accordéons dont l’un s’intitule Rue d’Alsace en l’honneur de leur nouveau lieu de production, toujours à Villeurbanne, mais installé, à partir de 1956, 71 rue d’Alsace.

Avec les éditions Cavagnolo dont le siège est à Villeurbanne, ils publient aussi des partitions.

La créativité de l’un et le sens du commerce de l’autre leur attirent la clientèle de nouveaux musiciens, tels Marc Bonel, l’accordéoniste d’Édith Piaf, ou Marcel Azzola, qui a longtemps accompagné Jacques Brel.

N’ayant pas oublié leurs origines italiennes, Pietro, Ermanno et leurs épouses cèdent, en 1957, au Comité Italien d’Assistance, un immeuble situé 82 rue du Dauphiné (Lyon, 3e) qui offrait alors des salles de concerts et de bals. Il est devenu le siège de la Maison des Italiens, lieu de réunion de la plupart des associations italiennes de l’agglomération lyonnaise[5].

L’évolution des années 1960-1980 :

Les années 1960 sont marquées par les décès successifs des deux frères, mais aussi par l’apparition de l’électronique dont, en 1965, Claude, fils d’Ermanno et ingénieur en électro-mécanique, est le promoteur avec la création du premier accordéon électronique à transistors au monde, le Majorvox. De nouveaux artistes, comme Yvette Horner, rejoignent la marque désormais dirigée par Claude et ses deux cousines, Paule et Françoise.

Dans les années 1970, l’entreprise compte une centaine de salariés dont 90% travaillent à Villeurbanne, produit artisanalement 2000 accordéons par an et fournit environ 1/6e de la demande nationale[6]. Elle est alors la première entreprise française d’accordéons. Mais, confrontée à des difficultés économiques au cours de la décennie 1980, Cavagnolo quitte Villeurbanne en 1988 pour s’installer à Saint-Maurice-de-Beynost[7] où elle poursuit, encore aujourd’hui, son activité, même si les descendants de Domenico ne sont plus aux commandes de la société.

Source : Jean-Luc de Ochandiano - Conservateur des bibliothèques et historien

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